Discographie de Quentin Rollet
lundi 14 octobre 2013
Où trouver les disques de Quentin Rollet ? Ici! Et là...
Alors voilà, je vais mettre en vente la plupart des disques sur lesquels je joue ou que j'ai produits dans les mois qui viennent.
Pour commencer, le trio PAW MUSIC, enregistré à Budapest en 2002, qui a été finalisé en 2008 et n'est sorti qu'en 2010 grâce à Ronda, en association avec reQords et HEyRMEarS.
L'enregistrement a eu lieu sur l'ile où prend place le festival Sziget tous les ans à Budapest.
Jozef Cseres, professeur dans diverses universités en Hongrie, Slovaquie et Tchéquie, a décidé de nous offrir une journée de studio. Cet album en est sorti, après des heures passées dans la chaleur du studio en ce mois d'août 2002.
Zsolt Sörés joue du violon alto et de l'electronique
Pál Tóth joue de l'électronique
Quentin Rollet joue du saxophone alto, parfois amplifié
La musique est faite de paysages sonores entrecoupés de clins d'oeil frais.
A écouter les yeux fermés, en se laissant bercer.
CD, prix port compris
France €12,40 EUR
Europe €14,10 EUR
World €15,60 EUR
Paw notes
Qu'est ce que
« Paw Music »
? Bonne question ! Question étrange et difficile à la fois : autant s’interroger sur ce qu’est la musique. Mais les tentatives de réponses ne sont-elles pas tout aussi hasardeuses?
Durant cette session d'enregistrement (seule occasion donnée aux musiciens de
Paw Music
de jouer ensemble),
Paw
pourrait être interprété comme un
chaosmos
, un espace où différents ensembles se croisent, où chaos et rythme se combinent au travers de multiples transformations. Les trois musiciens luttent contre le chaos, cherchent à le maîtriser, à y construire des structures internes, à le rendre sensible et à le ramener à la raison (faisant naître l'idée de composition). En d'autres termes, il s’agirait de transformer la variabilité chaotique en chaos variant. Tout semble différent après cette expérience: la matière, les modes d'expression, la syntaxe (en termes de temps et d'espace), la sémantique, jusqu’aux musiciens eux-mêmes.
Au début du projet, seules existaient de petites tentatives vocales ayant finalement abouti sur un imparable instrumental
« full pawer ».
Une esthétique propre, sorte de
« new pawetics »,
était née. L’auditeur perçoit dans cette construction tout aussi bien une instantanéité brute que des décisions, des réactions et interactions musicales. Derrière les trois musiciens, ce sont trois attitudes, trois expériences musicales radicalement différentes qui se livrent à des interactions quasi inconscientes au cours de ce live. Les méthodes utilisées ici vont de l'improvisation pure, à l'électronique éditée en direct jusqu'à la déconstruction complète au travers de feedbacks. “
Paw Music”
est sans doute empreint de brutalité mais avant tout d’une grande sensibilité artistique. Les musiciens de
Paw Music
exercent leur propre forme d’expression artistique ainsi qu’un véritable Sixième sens musical, développés au cours de la longue expérience de chacun des musiciens.
Finalement, l'une des réponses possible à notre question initiale ne serait-elle pas “Paw Music” est la rencontre dynamique de 3 différentes esthétiques sonores qui se sont croisées un jour d'été dans un studio sur l'ile du Danube à Budapest dans l'idée d'explorer la potentialité du chaos, d'y créer intuitivement des éléments structurants, de faire communiquer leurs imaginaires et leurs désirs dans un langage commun”? Ni plus ni moins, juste la volonté naturelle de trois esprits créatifs d'animer la pluralité d'un monde insaisissable dans l'une de ses franges.
J'ai eu la chance d'en être…
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Quelques chroniques
Vital Weekly 741
A trio of improvisers. One is France, Quentin Rollet, a.k.a. Q., on alto saxophone, microphone, feedback and voice, and the other two from Budapest: Pal Toth, a.k.a. En on electronic devices, objects, contact microphones and voice and Zsolt Sores, a.k.a. Ahad, on viola, analogue synthesizer, objects, contact microphones, feedback and voice. All three have an extensive background in the world of improvised music, especially Q. and Ahad, but they manage to capture here something that is pretty interesting and side stepping the various genres inside the field of improvisation. The contribution of Q. on the alto saxophone is throughout the most 'standard' thing around here, which is not bad as it adds a certain curious free improvisation to it. But at other times he is on par with the other two, who play a great electronic set of sounds. En's solo work came close to microsound, an interest he brings on board here too. Stretched out field of drone like sounds, piercing sine waves and feedback along with the scraping of violins and pre-taped sounds (field recordings maybe?) make a great set of improvised pieces. A wild combination of pure improvisation and what seems to me composed layers in the background. The closest it comes to resembling something else, I think, is Morphogenesis, although this trio have a more lively dynamics. From the extreme soft to the brutal loud, they move more freely around in abusing their instruments. A highly dynamic force, this trio. Excellent stuff and I'm told there is more to come.
Frans de Waard
Revue & Corrigée - Septembre 2010
Fruit d’une collaboration éphémère – enregistrée en août 2002 dans un studio situé sur l’Île Marguerite à Budapest –, “
Paw Music
” claque comme un coup de feu au détour d’une BD. Du moins le titre générique. En fouillant les pages d’un dico anglo-saxon, on peut trouver parmi les occurrences pour traduire Paw, une version argotique de “
tripoter
”. Ma foi, ce terme conviendrait bien comme définition de ces manipulations débouchant sur une tambouille à base de scories. À bord de cet assemblage, trois intervenants cachés par des identités absconses. Deux Hongrois : Pál Tóth – appareils électroniques, objets, microphones de contact et voix – et Zsolt Sörés – violon alto, synthétiseur analogique, objets, microphones de contact, feedback et voix ; un Français : Quentin Rollet : saxophone alto, microphone, feedback et voix. Chacun des trois possède un pedigree long comme le bras, qui dans les musiques improvisées et/ou free jazz, qui dans le rock ou assimilé, au contact de chorégraphes et poètes, aux manettes d’un label discographique ou à la production d’émissions radiophoniques, voire même dans la peau d’un barman. Après consultation des listes fournies de leurs coopérations, je tire la conclusion que nous avons tous croisé l’un de leurs partenaires multiples quelque part. Partis d’interjections a capella – des interludes vocaux qui tiennent plutôt de gags –, les protagonistes passent à des élaborations plus consistantes quand ils se mettent à associer les sonorités de leurs différents ustensiles. Dans ces brouillages d’ondes radio, immersions au sein de plages de parasites, il n’y a guère que les résonances des saxophone et alto qui soient quelque peu identifiables. Les enjeux – comme au cours de bien d’autres improvisations en direct – reposent sur des échanges qui exigent des réponses du tac au tac afin d’atteindre une symbiose aux mouvements amples, où l’auditeur ne sait plus très bien si ce sont les musiciens qui sont responsables des sons qu’ils génèrent, ou si leurs machines n’ont pas fini par prendre le pouvoir. Entre sa date d’enregistrement et celle de sa parution, rien ne dit si ce CD a vieilli en fût de chêne mais il dégage sa part de tanin.
Paul-Yves Bourand
Ether REAL - Janvier 2011
Cette nouvelle production du label Ronda voit collaborer trois artistes que l’on ne fréquente que rarement. Il faut dire que
Paw Music
est un album à rapprocher du free jazz, un genre musical un peu à la marge sur ces pages, mais qui permet une rencontre en terres hongroises entre électronique et acoustique.
Nous allons commencer par présenter les trois protagonistes à l’origine de cette Paw Music.
Én
est le pseudo derrière lequel travaille le hongrois
Pál Tóth
, déjà croisé lors des soirées "Mystères de l’Est", notamment édité par le label portugais
Sirr Records
. Son travail se situe aux frontières de la musique concrète, électroacoustique et radiophonique, avec des traitements électroniques et manipulations d’objets captées par micro contacts.
On avait également croisé
Zsolt Sörés
lors des soirées "Mystères de l’Est", mais cet autre hongrois jouait alors au sein de
Budapastis
, un projet qu’il mène avec les
Dragibus
. Violoniste de formation, Zsolt Sörés produit maintenant une musique électroacoustique improvisée capable de bifurquer vers la noise en faisant cohabiter violon, synthés analogiques et objets divers.
Jamais évoqué sur ces pages,
Quentin Rollet
est certainement le plus connu des trois avec une activité débordante au sein de la scène improvisée parisienne. Le saxophoniste est notamment responsable du label
Rectangle
et il sévissait au sein de
Prohibition
avant de travailler avec eRikm, Akosh S ou encore Charlie O.
C’est en Hongrie que le trio s’est retrouvé pour des sessions d’improvisation, par la suite travaillées en studio pour construire cet album atypique et vivant. L’auditeur aura même l’impression de participer à l’enregistrement à l’écoute de
Paw Lesson
qui sert d’introduction. Les trois artistes répétent à leur manière le terme "Paw", et finissent en se disant que le titre de ce morceau s’appellera certainement "The Paw Lesson"...
L’album se concentre principalement sur deux pièces de 16 et 24mn qui partent d’une même base avant de bifurquer chacune de leur côté.
Missin’ Miss In Pink
est un long flottement d’ambient concrète, faite de piaillements, souffles retenus et jeux avec l’embouchure du saxophone, grouillements et gazouillis électroniques créant une ambiance mystérieuse. On appréciera un certain équilibre entre l’électronique et le saxophone qui finit par s’envoler sur les dernières minutes et se libérer sur
Dísztök
qui s’enchaine immédiatement.
Old Smuggla’
pourra tenir la comparaison sur sa première moitié, mais optera pour des tonalités bruitistes dans sa deuxième partie, commençant par une pluie grésillante qui ne cessera de s’amplifier, se faisant parfois mécanique, crachotante, pour finir dans un épais magma sonore d’où tente de s’échapper le saxophone du Français.
Paw Music
est un disque à réserver aux amateurs d’improvisations électroacoustiques et d’expérimentations bruitistes. Comme souvent avec ce type de production, on trouvera qu’il manque un petit quelque choses et on préfèrerait voir cette musique jouée en live. Ça tombe bien, le trio se produira aux Instants Chavirés le 11 février !
Fabrice Allard
Plus de disques et de téléchargements sur http://rectangle-records.bandcamp.com/
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